Le gouvernement flamand le fait très clairement comprendre depuis des années : il vise à faire disparaître à moyen terme les facilités qui ont été accordées à plusieurs communes situées en Flandre, et plus particulièrement les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise. Non seulement, il estime qu’elles ont été instaurées de manière transitoire pour permettre aux habitants francophones d’avoir le temps de s’intégrer (ce qui est totalement faux) mais, à coups de décrets, circulaires et autres vexations, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour décourager les francophones à venir s’installer dans ces communes, voire à encourager ceux qui sont installés de s’en aller.

Pour atteindre leur objectif, les autorités flamandes pratiquent une politique arbitraire et discriminatoire. C’est ainsi que Marino Keulen, le précédent ministre flamand des Affaires Intérieures, a toujours refusé de nommer les trois bourgmestres, démocratiquement élus, au motif qu’ils avaient fait simplement respecter la loi fédérale sur l’emploi des langues en envoyant des convocations électorales dans la langue des électeurs. Son successeur au poste des Affaires intérieures flamandes, Geert Bourgeois, affiche le même mépris.

Récemment interpellé au Parlement flamand par le député francophone UF-FDF, Christian Van Eyken, il a donné raison au Collège de la commune de Renaix (Flandre orientale) qui a fait apposer sur son territoire deux plaques de rues unilingues en néerlandais (photo) et par conséquent illégales vu le régime des facilités qui existe dans cette commune, commune dont le bourgmestre CD&V - un certain Luc Dupont - a jadis demandé au Premier ministre de supprimer ce régime. Pas de doute, les francophones y sont en terrain miné...
Signalons que le député fédéral Eric Libert (FDF), s’apprête à déposer plainte auprès de la Commission permanente de contrôle linguistique.

Le ministre Bourgeois se retranche derrière une étude du professeur de la KUL Marc Boes qui estime que les plaques de rues dans les communes à facilités ne doivent pas être bilingues parce que les facilités ne sont reconnues qu’aux seuls habitants des communes à régime spécial et pas au public en général.

Une thèse éminemment contestable sur le plan juridique et à cet égard Frédéric Gosselin, l’expert francophone le plus reconnu sur le plan des lois linguistiques, a ainsi considéré dans son ouvrage( L’emploi des langues en matière administrative, Kluwer, 2003, pages 125 et 126) d’une part que la rédaction unilingue des plaques de noms de rues dans les communes à régime spécial modifierait le bilinguisme externe reconnu à ces communications au public par les lois linguistiques et la Commission permanente de contrôle linguistique, et d’autre part que cet unilinguisme se heurterait à des objections d’ordre constitutionnel puisque toute modification des facilités linguistiques ne peut se faire que par une loi à majorité spéciale au niveau fédéral. Qu’attendre de plus de la part d’un ministre qui représente un parti (la N-VA) dont la volonté séparatiste n’est plus à démontrer ? Bourgeois, mais pas vraiment gentilhomme...

En usant de la politique des petits pas, la Flandre tente systématiquement de dépecer le régime des facilités.

Dans ce contexte, il devient urgent et indispensable que les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise, où vit une très large majorité francophone, rejoignent au plus vite la Région de Bruxelles où tous leurs habitants, francophones et néerlandophones, se retrouveront sur un territoire où nul n’est discriminé au plan linguistique.